Fiona Gélin, une émouvante fragilité.

 

 

Il y a quelques années, Fiona Gélin nous a offert un très joli passeport pour sa vie. À présent, elle réitère l’expérience avec un album en préparation et la suite de son autobiographie « Si Fragile » ainsi que son retour sur scène avec deux pièces de théâtre et un « seule en scène  » en préparation.

 

Son premier album et, déjà, un deuxième en préparation.

Un album superbe ! Fiona, ce n’est pas encore une actrice qui chante, c’est avant tout une interprète. Sa musique, ses paroles, elle les portent en elle depuis si longtemps !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Il lui fallait simplement quelqu’un qui la pousse vers la scène, qu’elle se sente portée pour que naisse une véritable interprète.
Cet album, elle l’a puisé au fond de sa détresse ; elle est revenue de l’abîme comme un phénix qui renait de ses cendres.


Cet album émouvant et tendre est comme l’accouchement douloureux de toute une vie. C’est l’album de la maturité d’une femme à qui on a trop souvent collé l’étiquette de la gourde à la plastique parfaite alors qu’elle n’a jamais cessé d’être profonde et vive, brillante, profondément humaine.


Dans sa voix, on décèle à présent toute cette cassure, cette brisure de ces années d’errance qu’elle a si bien décrit dans son autobiographie, parue chez Michel Laffon (en rupture de stock désormais « retour d’errance »).
Sans pudeur, sans fard, vraie comme elle l’a toujours été, démunie d’artifices, elle incarne mieux que personne la célèbre phrase de Nietzche :  » Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort « .


Comédienne, écrivain, chanteuse, Fiona est surtout par sa générosité, par cette ouverture vers les autres et principalement ceux qui souffrent, un être d’exception qui porte sur sa propre vie un regard sans complaisance.
Elle traduit le vide laissé par ceux qui ne sont plus là et qui sont à jamais dans son cœur, à chaque instant si bien que l’on croirait presque les frôler.
Appartenant à ce que l’on a pris l’habitude de nommer la « tribue Gélin » comme s’ils étaient tous des saltimbanques et la suite de son autobiographie qui devait s’intituler « La gitane rouge », gitane comme elle est bohémienne dans l’âme, avec ses longues jupes amples à l’instar d’Esmeralda, est devenue « Si fragile », cette fois aux éditions de l’archipel.

Un souffle nouveau anime désormais sa vie, un souffle chaud qui vient du cœur. Fini la jeune femme qui, parce que trop fragile et émotive, finissait par se perdre, entraînée dans un univers qui n était pas le sien.
Blessée, déracinée comme une fleur arrachée à la terre, flétrie dans son être par la méchanceté, la stupidité des dires machistes et honteux, la belle Fiona se lave de toute cette boue, se racontant le plus simplement du monde comme un enfant avec des mots justes qui viennent crier ses maux.
« Recommencer », ‘’passeport », »Si c’était moi ». Et puis « Mon chef d’œuvre », un hymne à la maternité et une très belle déclaration à son fils Milan, »au fond du couloir » qui parle d’enfermement en hôpital psychiatrique, et l’un et l’autre (ses errances). Et puis Paris, ville lumière, qu’elle peint comme une carte postale et encore son bar habituel où elle se pose en spectatrice.
Et tous les matins, elle va au Zinc lire son Parisien. Authentique, Fiona jusqu’ au bout des ongles. Et si elle était comédienne juste parce que les autres, c’est sa vocation.

Comme Molière à son époque, Fiona aide les miséreux. Marraine de plusieurs associations, Fiona est active ; il ne s’agit pas juste d’un titre qu’elle accroche à son long cv.
Comme elle le dit elle-même : « Ce qui reste n’est plus à faire « .

Fiona me fait penser à un conte de fées : « La princesse au petit poids ».

Comme elle, elle surgit de la nuit, de ses tourments passés. Comme elle, elle arrive à la porte du château, ruisselante comme une mendiante, demandant abri. Et comme la princesse du conte de Anderson, elle est bien née, véritable sang bleu du monde du cinéma et du théâtre.

Fiona est cette princesse perdue sous la pluie un soir d’orage, sous les vêtements trempés, salis d’insultes et de machisme de certains membres de la famille du cinéma, où se cache un cœur de princesse délicate qui n’accepte pas l’injuste et autre misère humaine, comme la princesse ne pouvait dormir même sous des tas de matelas si un seul petit poids s’y cachait.

 


Fiona, malgré les matelas entassés dans sa vie, ne peut fermer l’œil contre l’injustice faite à ceux qui souffrent. Marraine des SDF, elle s’arrête à chaque coin de rue pour leur parler et leur donner ce qu’elle a sur elle.
Fiona a gardé cette spontanéité enfantine, ce regard pur venant de l’enfance. Petite fille éternelle, protégée de là-haut par son père Daniel, son grand frère Xavier dit « Zazi », sa sœur Maria et sa mère Sylvie qui fut l’égérie de l homme qui inventa la robe trapèze, Christian Dior.

Ses absents sont, en ce qui la concerne, omniprésents dans sa vie de tous les jours. Elle s’en inspire, leur demande conseil et il ne se passe pas un jour sans qu’elle ne parle d’eux. D’ailleurs, elle prépare un grand hommage à son père à Saint-Malo, dont la date pour l’instant est tenue secrète.

 

 

 

Fiona Gélin si fragile ?

Peut-être, mais si forte de ce que la vie lui a appris et si forte de l’amour qu’elle porte sur ce monde.

Helena MORA

Corrections : Amandine LEBRETON

 

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