Toybloïd, un vrai groupe de rock explosif

Toybloïd, un vrai groupe de rock explosif

Ils ont le rock dans le sang, sont français, mais chantent en anglais parce que, comme me l’a expliqué Lou, la chanteuse, mais aussi la co fondatrice du groupe avec son amie Madeleine (elles se connaissent depuis leur 15 ans), elles avaient essayé d’écrire en français, mais ce n’était pas bon. De toute façon, les groupes qu’elles écoutent chantent en anglais. Donc, c’était comme une évidence de préférer la langue de Shakespeare à celle de Molière.
Malgré ce que l’on peut en dire, Toybloïd pense que le rock en France a encore de belles années à vivre, si on se reporte à leur expérience de cet été pendant les festivals de rock.
En outre, elles sont deux filles qui déménagent et électrisent le public, jouent comme des rocks stars et ont une présence scénique indéniable, le tout soutenu par l’énergie de leur batteur Greg.
Lorsque l’on aborde le sujet de leur carrière, tous trois nous font sentir le véritable parcours du combattant pour un jeune groupe, même si le groupe a déjà eu plusieurs formations.

Interview de Toybloïd


Et Lou d’ajouter, un brun fataliste :
« C’est comme ça, car nous faisons du rock. »
Il y a un an, ils ont balancé manager et label parce qu’ils perdaient plus de temps à les convaincre qu’à avancer vraiment et, depuis, se débrouillent très bien seuls. D’ailleurs, disons pour simplifier  que ce sont des  « self made rock ».
Lorsque je demande à Lou si c’est un handicap ou un avantage d’appartenir à cette famille-là (Nicola, son oncle, est le leader d’Indochine et Stéphane, son père, était le guitariste du groupe), ma question la percute de plein fouet.
Elle exprime alors toute sa gratitude envers son oncle, Nicola Sirkis, de les faire jouer en première partie de ses concerts, ce qui est effectivement une véritable vitrine ; nombre de fans d’Indochine les ont ainsi découverts, mais aussi revendique son indépendance, car elle ne veut surtout pas qu’Indochine soit vu comme leur pygmalion. Elle s’est construite seule avec, pour tout bagage, la force de son talent. Elle n’a bénéficié d’aucun piston, se débattant avec ses amis dans la jungle du métier, et elle n’est surtout pas l’hérédité musicale des deux jumeaux les plus connus des années 80.
Ils ont tous trois des rêves où il est question de concerts à l’étranger, une âme de conquistador moderne bat en chacun d’eux.
Peaufiné avec tendresse leur deuxième album  « Modern Love » qui devrait sortir dans quelques mois.
Ce qui se dégage d’eux avant tout, c’est ce côté profondément humain connecté au monde qui les entourent, soutenant de leur mieux différentes causes qui les tiennent à cœur, des causes comme lgbt ou le soutien aux jeunes étudiants, avec l’association l’un et l’autre dont ils vont bientôt être les parrains.


Ce soir-là, au petit bain, ils se produisaient sur scène avec deux autres groupes pour un centre qui aide les femmes victimes de violences conjugales, le centre Suzanne kepes. Je m’étais auparavant entretenue longuement avec la directrice du centre. Tout cela, dans le cadre de fuck ton brunch qui en était à sa dixième édition.
D’ailleurs, Lisa Janouex était très émue qu’un jeune groupe de rock comme lui accepte de jouer pour aider ces femmes, pas simplement financièrement, mais surtout ce qui était primordial les aident par leur seule présence à les valoriser, à savoir qu’on s’intéressait à elles.
« En rentrant, je vais leur dire que 3 groupes de rock ont joué pour elles-mêmes si aucune n’a encore osé venir et que leurs noms étaient sur une liste pour pouvoir y être invitées », déclara-t-elle avec tendresse et reconnaissance.
Malgré ce statut très rock, les trois membres du groupe sont très simples et chaleureux, et si Lou est tombée dans la marmite quand elle était petite, elle en a gardé surtout cette véracité, ce naturel qui fait qu’elle ne triche pas, ce talent aussi pour le rock et cette façon de communier avec son public, un peu à l’image de son oncle qui reste une véritable bête de scène, un tsunami émotionnel.


Son père, de là-haut, doit être fier de la rockeuse qu’elle est devenue, lui qui a tant aimé et donné au rock !!!
Madeleine, quant à elle, si elle est moins éloquente en interview, sur scène la jeune femme saute et se métamorphose complètement : une vraie tornade.
Greg est cependant celui qui référencie les inspirations musicales du groupe et vous parle avec enthousiasme de ce qui a construit ses envies musicales.
Tous trois forment le groupe Toybloïd, un groupe dynamique qui vous emporte dans leur rock avec une facilité déconcertante.
Deux jeunes filles en short et tee shirt rouge passion qui enflamment la scène et qui prouvent que le rock, le vrai rock, est encore debout même si par leur âge, le courant aurait plutôt tendance à être d’un autre style musicale, mais comme signe Lou avec fierté et persistance, le regard brillant en forme de carte de visite du groupe.
« Nous faisons du rock ».


Après cette phrase emblématique, tout est dit.
Portée par l’énergie survitaminée qu’ils dégagent sur scène, j’ai voulu en savoir plus. C’est tout de suite après leur concert que nous nous sommes retrouvés en haut au restaurant de la salle de spectacle pour un échange à leur image, franc, amical et passionné.
Une fois n’est pas coutume, je vous le livre ici en brut, une façon plus intimiste de découvrir ou redécouvrir ce groupe dont on entendra parler, autrement que parce qu’ils ont fait des premières parties mémorables, mais surtout qui marqueront eux aussi de leur patte l’histoire du rock.
Lou, Madeleine et Greg, trois noms qui feront du bruit. Trois artistes gonflés de talent qui nous arrachent à la terre ferme, nous emportant comme les voiles d’un voilier sur l’océan mouvementé du rock.

Helena Mora

Corrections : Amandine LEBRETON / Photos  : Toybloïd

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