Hollydays : Une voix envoûtante

Hollydays est un duo attachant (formé depuis 2014 par une ex mannequin, la chanteuse Elise Preys et un ancien prof à Londres, le compositeur inspiré et guitariste talentueux Sébastien Delage).

Leur french pop mélange une des plus belles voix de la chanson française, ambiance pop et transe synthétique aux couleurs d’électro qui sont les ingrédients de Caféine du groupe Minuit (où jouent les enfants des Rita Mitsouko, Simone Ringer et Raoul Chichin).  Leurs textes, souvent écrits par Antoine Patinet, s’inspirent de décadence et de spleen urbain.

Leur programmation au bar La Place le 4 décembre 2015 à l’occasion des Bars en trans des Transmusicales de Rennes et le fait d’être choisi dans un supplément CD des Inrockuptibles ont construit leur renommée. Mais c’est surtout leur jeu sur scène (où se joignent un jeune claviériste et un batteur) qui les a popularisés.

Hollydays (au nom inspiré entre autres du titre Holiday de Madonna) achevait le 18 octobre au Centre culturel Pôle Sud de Chartres de Bretagne une tournée commencée au Stereolux de Nantes le 27 février qui les a fait passer par Lyon, Bordeaux, la Cigale à Paris et Strasbourg.  Les titres déjà populaires aux mélodies addictives alternent avec d’autres plus bruts et plus rugueux comme Pop ahurie ou Passif agressif joués en avant-première de leur prochain album qui sortira en 2020 : quatorze titres ont déjà été écrits. Dans le même registre que le titre On a déjà, les paroles de  Les insatisfaits pointent avec justesse les névroses d’une génération désabusée par « les jamais assez, les tout tout-de suite, les lassés bien trop vite, les vacances ratées, les amours avortés, les sacs monogrammés ».

L’Odeur des joints avec le très beau vibrato de la voix d’Elise (suave comme celle de Camélia Jordana) relate un appel à un frère fumant le chichon dès le matin d’arrêter son addiction : ni apologie de la drogue, ni plaidoyer antidrogue comme Neil Young dans The Needle and The Damage Done, écrit pour son guitariste et ami Danny Whitten décédé d’overdose. C‘est avec beaucoup de sensibilité que Léo parle d’adultère à distance d’une femme vivant à Paris avec son amant qui vit physiquement à Londres.

Hollywood Bizarre(titre éponyme de l’album sorti en novembre 2018 avec 13 titres, réalisé par Antoine Gaillet qui s’occupa aussi d’une autre découverte des Transmusicales, l’excellente Fishbach)s’attache à montrer combien le rêve hollywoodien se nourrit de hasard mais aussi de l’espoir qui peuvent permettre le succès.

Si l’envoutant Mouzaïa n’a pas pu être joué, l’excellente reprise en rappel de L’Amour à la Plage de Niagara n’a pu que satisfaire un public nostalgique de ce groupe rennais. On ne peut que leur souhaiter la même postérité.


Olivier Desouches

Photos : Ana Clic’Foto



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