Souvenir du temps d’avant : le dernier concert d’indochine

39 ans aujourd’hui qu’ Indochine a fait sa première répétition. Clermont-Ferrand fut le dernier concert surprise, une date spéciale couvée dans le plus grand des secrets pour célébrer les 20 ans de la salle la coopérative de Mai, une salle où le groupe a ses habitudes et y a jouer à diverses reprises.

Nicola Sirkis et ses fans un amour inébranlable

Les fans du groupe prévenus par les websmasters du groupe sur les réseaux sociaux 3 ou 4 jours avant la date fatidique reçurent la nouvelle comme une bombe  beaucoup ne purent se dégager pour venir beaucoup de larmes coulèrent aussi.

Dans une France sclérosée par la menace  du cornavirus les fans d’ Indochine continuaient dans leur bulle indochinoise comme si leur dieu Nicola Sirkis était plus fort que l’immense menace.

Heureux de se retrouver s’embrassant et se jetant dans les bras des uns et des autres, ravis surtout de pouvoir partager entre eux cette passion si spéciale qui les liaient tous comme un fil invisible tendu de cœur en coeur. Cette passion qui pour beaucoup touchait presque au sacré et  qui ne pouvait être  générée que par un artiste aussi près de son public  que l’est Nicola Sirkis.

La fameuse âme d’Indochine dont Nicola a dit un jour  : « Indochine a une âme que rien n’empêchera de briller. »   

Certains fans les plus assidus étaient déjà arrivés mercredi pour camper trouvant abris sous les escaliers de la salle, la presse locale, La Montagne et FRANCE 3 s’amusèrent de ce phénomène là et en interviewèrent quelques uns les plus téméraires sans doute !

Les autres fans arrivèrent petit à petit tels des bans de moineaux et allèrent comme il est coutume dans la règle d’or des campeurs  docilement se faire inscrire sur la liste des arrivées, tenue par un jeune garçon  avec il faut le reconnaître beaucoup de gentillesse de calme et d efficacité.

Il est vrai que parfois les listes génèrent de sacrés problèmes mais cette fois ci tout se passa comme le disait si bien Voltaire dans son Candide. « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. »

Ils étaient tous là pour profiter du cadeau que leur offrait leur charismatique leader. Un concert presque intimiste pour 1500 personnes eux les champions de la démesure des stades et des zéniths.

Des concerts comme celui que nous vécûmes ce soir là, il y a bien longtemps qu’il y en avait pas de la sorte, les derniers étant le très privé concert de RTL2 ou l’enregistrement de l’émission Alcaline au Trianon de Paris.

Les nostalgiques des « nuits intimes »  revivaient !

Cette soif inaltérable de voir leur groupe préféré leurs avaient fait affronter les kilomètres puisque beaucoup venaient de toutes parts, et même de Guyane.

Certains avaient déjà adopter la couleur neige et grise des cheveux de Nicola comme ils avaient adopter ses couleurs précédentes, réglant leur image sur celle de leur leader.

Les non campeurs se parquèrent aussi devant les barrières sous un soleil craintif qui s’invita discrètement  à la fête tandis que les corbeaux oiseaux, chers au leader du groupe, semblaient danser au dessus des têtes ne cessant de croasser.

Les suppositions allaient bon train, sur le choix de là setlist, certains screamaient les vidéos que Nicola postait sur ses réseaux sociaux espérant trouver des indices, d’autres préféraient garder la surprise intacte comme si, savoir allait entacher leur joie !

18h30 après une fouille rapide et un contrôle d’identité les 1500 fans d’Indochine qui avaient réussi à avoir le saint graal, c’est  à dire un billet valable pénètrent dans la salle le cœur battant

Nicola : un arbre sans son écorce

Pas de première partie, juste quelques chanson de celui qui éveilla ses appétits musicaux, David Bowie, pas de marchandiasing non plus et une scène complètement nue, dénuée du moindre artifice, pas même une toile marquée « Indochine » seul un 40 trônait collé à la grosse caisse de la batterie à côté des petits ours en peluche de Nicola.

Cela annonçait comme une  sorte de changement d’aire, fini le 13 tour bienvenue aux 40 ans d’Indochine.

Ce concert sonnait en fait comme un galop d’essai avant la si attendue tournée des 40 ans, tournée qui pour l’instant reste dans le secret des dieux.

La setlist surpris tout le monde, véritable patchwork cousue dans presque  40 ans de succès allant « D’un jour dans notre vie » à « Dancetaria », « Black City » l’album 3 l’inévitable  « 3 nuit par semaine » puis « L’aventurier », par contre le titre considérée comme celui de la renaissance du groupe « J ‘ai demander à la lune »  ne fut pas choisi ce soir là.

La magie débuta avec « Sur les toits du monde »

Nicola cheveux long grisonnant lui tombant sur le visage lui donnant  l’air d ´un petit chien ébouriffé, tout de noir vêtu comme de coutume, vivait son concert à fond, se donnant à mille  pour cent pour son cher public qui, les bras levés  dans un bonheur collectif, sautait sur place avec lui.

On pouvait même reconnaître les mitaines roses du plus charismatique et surtout sympathique fan d’Indochine que tout le monde appelle Mao PinkyBoy, depuis que le guitariste d’Indochine, Boris Jardel, l’a ainsi rebaptisé.

Le public semblait avoir manqué  a Nicola depuis huit longs mois, aussi fort que l’eau peu manquer aux plantes mangées par le soleil.

Ah, cet homme là se nourrit de l’amour que son public lui porte !

Il a dans l’âme ce manque permanent qui le pousse inévitablement sur une scène.

Il n’est pas de ceux qui pourrait se contenter de faire des albums en studio et ce n’est pas ses 60 ans tout neuf qui vont l’assagir, non, car  pour créer cet univers hors normes ce parfumeur du bonheur a besoin de son essence principale, et cette essence, ce sont eux .

Les bras levé vers lui ils  semblaient être des branches s’agitant sous le vent de sa musique, des branches de cet immense forêt indochinoise dont il est le chêne sur lequel repose Indochine.

Ce soir là il était comme un arbre sans son écorce, dénudé de tous ses artifices dont il avait habitué ses fans, les écrans au plafond de la secoupe du 13 ou quelques années auparavant  le serpent  de Black  City  ou la tour de Berlin du Stade  de France.

Ce soir là c’était son âme à nue qui faisait effet de canon de confettis c’était son émouvante fragilité que ses fans se prenaient en pleine face.

Il leur offrit des moments rares avec des titres comme par exemple , « Savoure  le rouge »

Douée d’une certaine dose d’humour il déclara d’emblée à son arrivée sur scène :

« Nous allons tous chopper le virus alors autant s’éclater », ce qui ne l’empêcha pas de tendre ses mains à ses fans, de boire de l’eau dans une bouteille puis la partagée avec eux tout en se désinfectant les mains discrètement avec du gel hydro alcoolique. Boris quant à lui balançait  au public qui étaient aux barrières les quelques bouteilles d’eau qui étaient près de lui tandis que Nicola réclamait même à la sécurité qui était aux crash barrière, des bouteilles d’eau pour les premiers rangs, toujours soucieux du bien être de ses fans.

Voila  sûrement une des raisons pour lesquelles ils et elles lui vouent une telle admiration et autant d’amour.

Le boss comme certains fans le nomment avec tendresse était d’une forme olympique, malgré une certaine fatigue qui se lisait sur son visage mélangée au bonheur d’avoir retrouvé la scène et ses fans, sa deuxième famille.

La partie acoustique que Nicola appela  la partie club, ne démérita pas de la première partie.

Deux parties puisant leurs forces dans le talent de Nicola , à remarquer notamment la version acoustique faites au piano voix puis guitare de « Collège  Boy « et celle en sorte d’hommage discret à Stéphane avec « Atomic  Sky »

Décrire tout le concert m’est difficile, tant il y avait de beaux moments, comme  disent les fans et comme le titra le lendemain la Montagne : « Indochine ne s’ explique pas cela se vit »

Quant à moi j ai trouver un Nicola Sirkis qui privé de ses effets spéciaux a livré un formidable concert, encore plus proche de son public.

Un concert où l’on a senti l’artiste qu ´il est vraiment, à l étape la plus originelle.

Un véritable retours aux sources qui même s’il clôtura la soirée sur le désormais attendu  « Karma girl » à chaque fin de concert comme un hymne à l’amitié n’avait depuis longtemps, jamais été aussi brillant descendant même dans la fosse sans aucun garde du corps même si Casimir se tenait sur le côté. Nicola l ‘ayant certainement pris de court, un peu comme un acte d’émancipation de cet éternel adolescent rebelle qu ‘il n’a jamais cesser d’être !

Le lendemain matin le superbe hôtel 5 étoiles de Royat à quelques bornes de Clermont-Ferrand « Princesse  Flore »  à du faire face à l’arrivée de certains fans désireux d’obtenir l’indispensable selfie avec lui, le câlin ou le simple échange mais le bel oiseau devait  s’envoler à midi  avec toute sa bande vers d’autre cieux  ceux de l’aéroport.

Alors que Nicola se plie en quatre depuis des années pour offrir des shows magnifiques, démesurés coûtant une fortune et qui transportent son public vers une autre galaxie, d’autres horizons, son public lui, n’aspire qu’à une seule chose, le voir à cru et aimerait lui faire comprendre qu’une simple guitare, un clavier et ses musiciens sont largement suffisants pour les transporter à jamais dans son univers fait d’émotions et de partage.

A présent seul persiste le suspens comment envisage t-il cet anniversaire des 40 ans ?

Démesure ou proximité retour aux sources ou innovation ?

Avec lui on peut s’attendre à tout mais une chose est désormais certaine son public sera au rendez vous car cet anniversaire est le leur aussi. Il s’inscrit dans l’histoire de chacun d’eux chacune d’elles toutes générations confondues comme les tatouages de beaucoup sur leur peau.

En un mot la musique est avant tout un partage d’amour et d’émotions et cela Nicola Sirkis l’a gravé en lettres de feu dans l’âme palpitante de ses fans, vibrant aux rythme de sa musique et qui s’écorchent le cœur parfois aux paroles de  certaines de ses chansons.

Et même si ce concert surprise était pour célébrer les 20 ans de la salle comme il le rappellera sur scène tout ce qui importait à ses fans c’était ce cadeau tombé du ciel comme une météorite.

« Pensez à tout ceux qui n’ont pas pu venir »  lança t-il  d’une manière subtile une manière aussi de rappeler que les fans d’Indochine doivent être solidaires et forment sa plus belle réussite « L’indofamilly ».

Hélèna Mora

Crédit photos :  Mao Pinky Boy / Sarah Parlanti / Major Tom played guitars