Idir, la légende Kabyle tire sa révérence !

Idir s’en est allé après un long combat contre la maladie, ce grand monsieur était une légende vivante de la musique Kabyle. Idir n’est plus là mais ses textes continueront à nous accompagner et il restera vivant à travers ses chansons !

Crédits Patrick Swirc

Idir vient d’une langue très ancienne, le tamazight, dérivée du berbère ancien. Ce prénom signifie « il est vivant, il a survécu ».

De son vrai nom Hamid Cheriet, né en 1949 à Aït Lahcène, à 35 km de Tizi-Ouzou, capitale de la Grande-Kabylie, rend hommage à son enfance. Avec le temps vient ce moment important où l’on sent confusément qu’il faut faire le chemin à l’envers pour se sentir totalement rassemblé, unifié, pacifié. Les chansons populaires sont ainsi toutes les routes qui le ramènent à son berceau de paix et d’identité.

Idir est un pèlerinage musical, il nous donne une leçon et un bel exemple de ce que peut être l’ouverture dans un monde où tout semble être déterminé par le désir du repli. Deux mots qui ne vont pas bien ensemble…

Ces chansons qui œuvrent aussi, pour lui et pour nous-mêmes, comme un remarquable travail de mémoire. Idir, légende de la chanson kabyle, s’est plié à l’exercice du duo pour nous faire écouter un autre sens qu’il donne à ce partage pourtant si commun dans la musique. Le plus difficile n’est pas d’être invité à chanter avec autrui mais de se sentir admis comme un frère. Et non plus comme un étranger que l’on accueille avec bienveillance. . .

D’autres sont venues à lui comme de belles invitations à se ressembler. Un seul mot clé pour comprendre le sens de ces adaptations : l’équivalence. Equivalence dans le terrain contrasté de l’émotion, plus que dans la traque acharnée du sens premier. Car il ne fallait pas se risquer à simplement traduire, puisque c’est souvent trahir. La vérité est toujours dans l’intelligence de l’émotion. Et à l’écoute des chansons, se dessine ainsi puissamment la personnalité de ce berger de la conscience. Le chant kabyle, de toute éternité, colle à la vie sociale. Il renvoie spontanément à ces grandes et belles veillées où l’on racontait le monde avec des contes et des énigmes.

C’est l’histoire, là encore, de l’enfant Idir qui écoutait émerveillé sa grand-mère et sa mère poétesse lui enseigner la force vibrante de la culture orale et de la valeur unique du mot. Ce qui explique aussi le choix de ces chansons qui portent le texte très haut dans le ciel de notre exception culturelle.

Car il n’est question que de cela dans ces disques à la fois bouleversant et revivifiant. Comme si, de l’exaltation de l’enfance, nous pouvions retrouver le chemin de l’espoir en passant par la beauté de cette langue berbère.

Quelle triste journée Idir n’est plus là mais ses chansons continueront à nous accompagner !