Ces arbres qu’on abat

Il y a à peine quelques jours le Gouvernement a changé et à Franck Riester a succédé une femme que tout habitant de France connaît, la pétillante Roselyne Bachelot malgré qu’elle ait annoncé partout sur toutes les chaînes qu’elle ne reviendrait plus en politique.

Mais la chroniqueuse pleine d’humour de Cyril Hanouna en quelques jours est devenue celle sur qui reposera toute la lumière de cette nation, la culture.

Ce phare qui éclaire le monde, un phare si envié et si puissant, pourtant sa lumière semble clignoter comme un signal de détresse .

il faut bien le dire, c’ est un cadeau mais un cadeau empoisonné que Roselyne a reçu des mains du Premier Ministre. Empoisonné comme les eaux de l’ océan après une marée noire !

Empoisonné parce que la culture agonise à petit feu !

C ‘est un arbre desséché qui se meurt et pour rappeler un autre ministre de la Culture, André Malraux, c’est un arbre qu’on abat.

Certes la pandémie a été virulente et s’est rendue coupable de cette triste désolation mais avant elle, la Culture avait peine à se maintenir debout.

Le cinéma mais surtout le théâtre et la musique subissent les contrecoups et s’enlisent dans une lente agonie.

Un nouveau ministre de la Culture, c’est un nouvel espoir mais un ministre n’est pas un sorcier, ni le génie de la lampe, n’a pas de formule magique et dans l’état présent des choses, il lui faudra bien du courage, de bonnes prises de position pour essayer de redresser la barque de la Culture qui prend l’eau de toutes parts. Ceux qu’on nomme les artistes ont bien du mal à exprimer leur talent à cause de la crise sanitaire et les mesures qui ont été prises par l’ancien gouvernement sont bien plus qu’insuffisantes.

La Culture est un arbre beau, fier et gigantesque qui se dresse pour côtoyer les cieux, avec cette poésie, cette musique, cette volonté farouche de transporter nos âmes au delà de la vie quotidienne mais malheureusement on a l’impression qu’elle va disparaître comme le monde d’avant, drapée dans une tonne d’ excuses que nos gouvernants ne cessent de nous fournir maladroitement comme des mauvais élèves qui se cherchent une excuse pour expliquer leur mauvaises notes.

C’est la faute à… dit-on, c’est la faute du Covid 19 mais pas seulement car pour construire une maison, on ne peut la construire sur des planches déjà pourries et une charpente déjà branlante.

Roselyne Bachelot est à présent l’architecte de cette maison là.

Alors que la Culture française a un rayonnement qui dépasse de loin les frontières, il est scandaleux qu’à la table du gouvernement elle soit le parent pauvre lorsqu’on  distribue des milliards pour sauver l’industrie et qu’elle n’ait le droit qu’aux miettes du festin.

On n’attend pas de miracles mais que Roselyne Bachelot tape du poing sur la table et soit vraiment le porte-parole de tous ces artistes, tous arts confondus qui font la grandeur de la France.

Le chemin sera long et sinueux certes, on musèle les théâtres mais on tolère des manifestations, les concerts se sont annulés les uns après les autres, pour revenir en septembre ou peut-être l’année prochaine, tout est un tissu de contradictions et c’est avec cela même que la riante ministre de la Culture devra jongler comme une équilibriste sur un fil.

Et comme le disait si bien Georges Clemenceau « Il faut d’abord savoir ce que l’on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l’énergie de le faire. »

Le champs est libre Madame la ministre, inversons les rôles et faites nous rêver .

Helena Mora

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