Vianney,d’idées noires en idées blanches

D’idées noires en idées blanches

Quoi de plus agréable et apaisant que la voix douce et chaleureuse, presque familière de Vianney Bureau (plus connu sous son seul prénom Vianney).

En l’écoutant, je broie du blanc pour chasser mes idées noires.

Cet artiste complet et touche à tout – on a pu le voir récemment au cinéma dans son tout premier rôle de composition, donnant la réplique à Fanny Ardant, sa « folle de mère » – nous touche par son audace musicale et textuelle, mais aussi par cette sensibilité singulière qui émane du chanteur autant que de l’homme.

D’une rupture douloureuse et brutale, il en a fait une force (qu’il transmettra à la grande Céline Dion, une autre artiste endeuillée après la disparition de son mari René Angélil, au travers d’une sublime chanson Ma force, présente sur le dernier album de la diva Québécoise, intitulé « Encore un soir »), enterrant cet amour mort comme on enterre un être cher, et exorcisant sa douleur, vive et béante, sous la forme de douze textes, pour la plupart poignants et signant ici sa résilience.

Ainsi est né son premier album intitulé « Idées blanches » (certifié disque de platine) en 2014. Le titre Pas là résonne encore dans bon nombre de cœurs brisés et meurtris. Et pour cause : le chagrin d’amour et le deuil sentimental sont autant de thématiques universelles au travers desquelles chacun(e) d’entre nous se retrouvent.

D.E.T.E.S…T.E. J’te déteste. Un texte pour le moins explicite qui décrit une émotion post-rupture que ses victimes, identifiables et reconnaissables, connaissent hélas si bien.

De l’amour à la haine, il n’y à qu’un pas. Ou plutôt un titre. Magnifiquement interprété une fois encore.

Vianney nous parle avec son cœur et ses mélodies. Il nous touche de par sa propre expérience sentimentale et nous le partage à travers ses mots et ses rimes. Il dépeint les épreuves que peuvent rencontrer les couples et l’amour même avec une justesse et proximité presque déconcertante.

À la manière d’un Jean-Jacques Goldman ou d’un Michel Berger, le chanteur a ce don incroyable de dépeindre la vie de tous les jours. En outre, il sait guérir les maux de ses mots. Et il le fait avec brio, presque avec une aisance naturelle que beaucoup lui envient. Ses mots tout autant que ses maux nous parlent. On y retrouve un bout de nous-mêmes à travers ses fêlures et ses blessures. Ses chansons humanistes mettent en exergue sa propre humanité.

D’un point de vue personnel, cet artiste me fait du bien même quand je me fais du mal. Et je suis loin d’être la seule à ressentir cela.

Fort de ce succès, celui-ci embraye et passe la seconde avec déjà plusieurs collaborations artistiques à son actif dont « Les filles d’aujourd’hui » (en duo avec Joyce Jonathan), « La même » (avec Maître Gims), que toutes et tous ne cessent d’entonner. Et plus récemment,  Vianney a signé des textes pour d’autres artistes tels que « Pour oublier » pour Kendji Girac ou « Allez reste » chanté par Boulevard des airs. De véritables tubes devenus incontournables.

Chanson, cinéma. .. Vianney est sollicité de toute part. Actuellement, il écrit et compose un titre pour le prochain album de Black M.

Vianney, jusqu’alors inconnu du grand public, est devenu un véritable phénomène.

Remplissant tous les zénith de France, il est devenu indispensable au patrimoine musical français, un peu comme un monument indissociable d’une ville, ses musiques et ses textes sont indissociables de nos cœurs et de notre mémoire collective.

Preuve de l’ampleur de son œuvre musicale, un magazine lui est entièrement dédié, le Vian’mag, que l’artiste suit et soutient volontiers. Des groupes de fans existent également sur les réseaux sociaux, véritable hommage vivant à l’artiste.

Vianney nous émeut, nous transporte et nous réconforte, comme un ami qui nous prendrait dans ses bras en nous assurant que tout va bien. À la manière d’un ami, Vianney nous livre ses mots amicaux et son écriture profondément humaine, voire nostalgique. Un seul tour de chant suffit à nous redonner le sourire, même à travers nos larmes clandestines.

Partager mes émotions à l’écoute de cet artiste me rend fière, et ce malgré la vulnérabilité qu’il provoque en moi. Je souris sur un mot, pleure sur une mélodie.

Proche de son public, Vianney est un artiste généreux au grand cœur, capable d’improviser un bœuf avec Tété ou MC Solaar sur son tube Ma Caroline dans l’émission Taratata présentée par Nagui.

Il nous donne un élan d’espoir quant à la reconstruction de soi et à la résurrection de l’amour, en persistant et en signant avec un deuxième album éponyme (certifié disque de diamant).

Récemment, je me suis procurée son album collector avec son concert de Bercy en live que j’écoute et regarde en boucle avec toujours autant de plaisir. Un plaisir délectable et inaltérable, presque enivrant.

Cet artiste, je l’ai découvert grâce à un être qui, jadis, me fut si cher que, sans le dire, mon cœur lui susurrait : Oublie-moi.

Si moi aimer toi blesser moi. Si moi aimer toi… Moi aimer toi était le titre qui résumait le mieux notre amour presque déraisonnable, désormais consumé et éteint de cette flamme que l’on ne saurait raviver.

Aujourd’hui, j’ai perdu cet être cher, probablement pour toujours. Mais son souvenir, lui, revit à travers les chansons de Vianney.  Ce messager de l’âme. L’homme et l’âme.

Finalement, faisant fi des blessures passées, voire des erreurs, en écoutant Vianney, je me dis qu’on est bien comme ça.

Seshat.

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