Lio, trois lettres pour faire une icône



Lio, lorsqu’on évoque Lio revient tout d’abord à nos mémoires une période permissive revendicative et libre, les années 80 !

A cette époque poussaient comme des coquelicots dans un champ celles qu’on appelait les Lolitas,
des jeunes filles à peine sorties de l’enfance, un brin sulfureuses, qu’on pourrait croire tirées du roman de Vladimir Nabokov.


Au cinéma Béatrice Dalle dans 37°2 crevait l’écran avec sa sensualité torride, à la chanson Vanessa Paradis et ses allures de bb boudeur se déhanchait devant un taxi jaune « Joe le taxi », et Lio l’ingénue sexy qui comme France Gall avait chanté jadis « Les sucettes à l’anis », Lio parlait de sexe avec une mine d’enfant innocent et espiègle « Banana split ».
Devant elles la sage Elsa et ses grands yeux plein de candeur explosait dans un titre tiré du film La femme de ma vie, « T’en va pas ».
Voilà pour le décor de ce film d’auteur qu’est la carrière de Vanda Vasconcelos, un film avec ses drames et ses joies, un film à l’image de sa vie.
Très tôt la jeune et piquante Vanda troque son joli prénom latin pour celui d’une héroïne de bande dessinée, amie de Barbarella immortalisée au cinéma par Jane Fonda, la petite gamine Lio que Jean-Claude Forest créa en 1962.


Sa vie la jeune fille la rêve en bande dessinée, loockée comme une poupée arborant des tenues qui ne passent pas inaperçues, eh oui les brunes comptent pas pour des prunes, comme le fameux corset créé par Jean-Paul Gaultier que porta à tour de rôle Catherine Ringer puis Madonna, d’ailleurs peu de personnes savent en effet que ce corset aux pointes de seins si originales fut créé initialement pour elle.
Vanda désormais Lio allait déferler pendant une décennie au top et devenir la reine de la pop française, la jolie Lio peu à peu devint un nom à retenir.
Mais Lio a aussi une très belle histoire d’amour avec le cinéma, tragédienne dans l’âme, piquante et bouleversante, Lio a privilégié tout au long de sa carrière les films d’auteurs où elle a excellé dans des seconds rôles où elle crève l’écran, des seconds rôles marquants qui laissent aux spectateurs comme une soif intarissable de la voir encore plus souvent sur les grands écrans.


C’est alors tout naturellement que la comédienne Fanny Bastien et Geoffroy Thiebaut l’ont invité cet été à présider les jurys du Festival de cinéma dont ils sont les fondateurs, le Festival International du Cinéma de l’Insolite de Rennes le Château https://festivalfilminsoliterenneslechateau.fr/

Un Festival à l’image de sa présidente des jurys, fort, poétique et insolite, mettant un accent tout particulier sur le rapport de l’homme à la nature.
Du 20 au 24 août, celle qui c’est fait connaître au départ comme « Pop model » (titre de sa biographie), puis a glissé vers des contrées plus calmes et adultes, de Prévert à Caymmi, celle qui garde ce franc-parler sincère venant des tripes, sans fard mais surtout vraie et non caractérielle, puisque dans ce métier une femme qui a un minimum de caractère est tout de suite taxée de difficile, cette jeune fille innocente aux allures de poupée devenue une femme forte talentueuse et qui garde toujours en elle le feu sacré du talent, et bien elle resplendit désormais d’une lumière  toute nouvelle.
Que ce soit par la musique ou par le cinéma, Lio sait faire passer ses émotions, les émotions d’une vie où elle a toujours tenu le haut de l’affiche, même si parfois elle s’éclipsait pour revenir encore plus rayonnante, plus surprenante, plus femme encore, avec ses émouvantes fêlures et sa joie de vivre ensoleillée.


Lio, trois lettres pour faire une icône posée sur la partition de sa vie, comme trois notes de musique qui viendraient se coller à l’écran où se déroule sa double carrière de chanteuse et actrice, comme la Lio évidente qui fait partie depuis des décennies de la culture française dans ce qu’elle a de plus poétique.

Helena Mora


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